Matras Matam, est une geste allégorique qui joue à faire des analogies entre la nature et l'humain. L'arbre dont on voit le tronc, mais dont les racines invisibles vont à l'infini, et l'humain... Dont on peut dire exactement la même chose.

 

   

 

Technique et support :

     Les créations de cette série utilisent une base minimaliste de pigments purs, liés au moyen de résines et d''essences végétales. 5 pigments au total sont employés. Parmi eux, 2 sont présents de manière continue tout au long de la série:

     Le blanc et l'oxyde de fer (un oxyde de fer particulier, sélectionné pour ses propriétés magnétiques naturelles). L'oxyde de fer magnétique a la particularité, si on le dilue au moyen de certaines résines et essences végétales, de changer considérablement de teinte : il part d'une teinte sombre comme la nuit, et se dirige vers une teinte rouge-orangé, flamboyante. Il symbolise l'oeuvre alchimique : du noir au rouge. C'est pourquoi, on le trouve associé au blanc du début à la fin de la série, le blanc étant la 2ème étape de l'oeuvre alchimique.

 

Les 3 autres pigments sont employés en alternance sur cette base, et donnent à celle-ci son vocabulaire, ils racontent l'histoire de Matras Matam :

     Le bleu outremer est l'élément masculin, il est eau et air, il pénètre la terre et la fertilise, il porte la mémoire des cieux, il court dans l'espace porté par lui même, car eau et air sont jumeaux (masculin et féminin réunis, ou dissociés selon leur état). Le bleu est le chakra de la gorge, le verbe créateur ou destructeur, la 5ème couleur de l'arc en ciel.

     Le vert émeraude est l'élément féminin. Il est le bleu de l'eau et le jaune du soleil réunis. Il recouvre la terre entière : c'est la couleur la plus répandue dans la nature, dans une gamme de teintes qui s'étend à l'infini... Il est le vert de la jeune pousse, et le vert de la sagesse du temps. L'eau pénètre le vert, et le soleil le rend fertile. L'eau seule serait pourrissement, mais la lumière la transcende. Le vert est la couleur centrale de l'arc en ciel. Il est aussi le centre du corps humain, le chakra du cœur. Le vert est l'amour qui naît, vit et meurt selon un cycle qui est propre à chacun, « Cinderella is hiding to die » : on ne distingue plus de Cendrillon que la robe, le buste, un bras qui déjà se transmute en racine, et la tête, une pure énergie revenant à la terre, dans une spirale descendante.

     Le pigment noir pur est le produit de la calcination d'un élément végétal ou organique, (selon la valeur symbolique recherchée). Il sert ici à appuyer le travail de l'oeuvre alchimique. Je l'utilise peu fréquemment. Généralement il intervient sur les scènes astrales nocturnes, ou scènes de combats intérieurs : « Matras Matam in winter, at night », « Spirals and volutes, Jellyfish and Dragons, Forest on fire » ou bien encore «  The war of the inner worlds »... Dans ces scènes, c'est le bleu outremer qui vient accentuer le feu intérieur, comme une eau conductrice d'un arc électrique puissant, ou au contraire adoucir ce feu dévorant en remontant des entrailles de la terre.

Merci

Rafael de Tours  /  VK79